L’automne*

 

Contrairement à eux

Contrairement à eux tous

Je déclare à présent que j’aime l’automne,

Je déclare que les femmes belles deviennent encore plus belles

Et deviennent célestes comme les palmiers

Quand le vent de l'automne les titille

Je déclare aussi que les causeries sur l’amour

Deviennent douce folie, prière, ivresse, roucoulement

Quand tout cela se passe sous les embruns...

Les embruns de l’automne.

Alors,

Je déclare que, moi, j’aime l’automne

Je déclare que la fille qui a logé dans mon cœur

Elle aussi, aime l’automne

Et qu’une joie sans nom m’ombrage

Et que des fleurs en argent poussent dans la paume de ma main

Si une fois l’automne frappe à la porte de ma demeure.

 

Un automne qui me brise comme des glaces

Un automne qui me rassemble

Puis qui part

Me laissant seul, comme le trottoir

Ô mon exil !

Comment dire les états de mon cœur 

Alors que les états de mon cœur sont épars comme cet automne :

J’interpelle ce moi-même

Arrive mon dissemblable

J’appelle mon printemps

Arrive l’automne !

 

Toi donc, nuage brumeux,

Toi donc, brouillard léger,

Patience !

J'ai au cœur une chanson qui m’a fait souffrir

Comme m’a fait souffrir une fille aimant l’automne !

Comment alors écrirai-je les déboires de mon âme ?

Comment dessiner cette hémorragie ?

Comment nommer mon aliénation,

Ma présence/absence

Ma raison/démence

Ma posture devant ma porte

Tel un saule assailli par les vents de l’automne.

 

Alors, je déclare maintenant

N’avoir jamais aimé l’automne !

Je déclare que la fille, jadis tant aimée,

Elle aussi n'a jamais aimé l'automne

Que la mort me surprenne,

Et que poussent des fleurs éteintes sur ma paume

Si brusquement l’automne frappe à la porte de ma demeure !

 

Poème traduit par: Jomâa souissi

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