La montre

 

Cette nuit est… notre nuit.

Je ne cherche pas à savoir de quels rivages tu es

Et qui était ton amant… avant moi.

Peu importe si ton père était prince,

Général ou fossoyeur.

Peu importe si ton village

S’éveille le matin au son des cloches,

Du minaret…

Ou du coq

Tout cela m’importe peu.

Ce qui m’importe

C'est cet amour qui m'a envahit

Lorsque je t’ai aperçue par pur hasard,

Lorsque, par pur hasard

Nous a réunis le même siège sur un bateau

Lavé par le soleil du Bosphore,

Et escorté par des albatros heureux…

Lorsque, par pur hasard

Ta montre est tombée par terre

Et J’ai tendu la main

Et Tu as tendu des doigts de myrtes

Le myrte m’a totalement embrasé !

Ce qui m’importe

C’est lorsque - sans paroles- je t’ai parlé de toi

Et de notre solitude,

Mon cœur alors m’a étreint après longue séparation

Et j’ai recueilli mes débris…

 

* * *

 

«Ma vie est devenue pleurs » dit-elle. 

Mon père n’était ni prince,

Ni général,

Ni fossoyeur.

Mon père était l’enfant le plus beau d’entre nous.

Il chantait au premier verre.

Il aimait les pétrels

Fabriquait des jouets d’enfants

Et pleurait quand il sentait Dieu près de lui.

Mon père aimait la mer.

Et ma mère, tout comme la mer, aimait mon pays.

Mais mon pays est devenu larmes.

La mer est devenue captive.

Alors, ma mère a pleuré,

Et moi, je ne suis plus moi-même ».

 

* * *

 

« Mon temps est devenu pleurs », a-t-elle dit.

Seulement, cette nuit est notre nuit,

J’ai amené du vin caucasien

Et un peu de tabac de chez-nous

Que les coupes s’illuminent mon amour !

Parle-moi des douleurs de la mer,

Parle-moi de moi

Raconte !

Raconte :

Toi seul me connaît plus que moi.

Merci au hasard lumineux...

Merci au Bosphore.

Merci au soleil chantant.

Au siège qui nous a unis.

Merci aux albatros.

Merci à la montre

Lorsqu’elle m’est tombée de la main ! »

Poème traduit par: Jomâa souissi

Designed by Mahjoub Ayari - © 2007

Accueil

Poèmes

Témoignages

Contact