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La montre
Cette nuit est… notre nuit. Je ne cherche pas à savoir de quels rivages tu es Et qui était ton amant… avant moi. Peu importe si ton père était prince, Général ou fossoyeur. Peu importe si ton village S’éveille le matin au son des cloches, Du minaret… Ou du coq Tout cela m’importe peu. Ce qui m’importe C'est cet amour qui m'a envahit Lorsque je t’ai aperçue par pur hasard, Lorsque, par pur hasard Nous a réunis le même siège sur un bateau Lavé par le soleil du Bosphore, Et escorté par des albatros heureux… Lorsque, par pur hasard Ta montre est tombée par terre Et J’ai tendu la main Et Tu as tendu des doigts de myrtes Le myrte m’a totalement embrasé ! Ce qui m’importe C’est lorsque - sans paroles- je t’ai parlé de toi Et de notre solitude, Mon cœur alors m’a étreint après longue séparation Et j’ai recueilli mes débris…
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«Ma vie est devenue pleurs » dit-elle. Mon père n’était ni prince, Ni général, Ni fossoyeur. Mon père était l’enfant le plus beau d’entre nous. Il chantait au premier verre. Il aimait les pétrels Fabriquait des jouets d’enfants Et pleurait quand il sentait Dieu près de lui. Mon père aimait la mer. Et ma mère, tout comme la mer, aimait mon pays. Mais mon pays est devenu larmes. La mer est devenue captive. Alors, ma mère a pleuré, Et moi, je ne suis plus moi-même ».
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« Mon temps est devenu pleurs », a-t-elle dit. Seulement, cette nuit est notre nuit, J’ai amené du vin caucasien Et un peu de tabac de chez-nous Que les coupes s’illuminent mon amour ! Parle-moi des douleurs de la mer, Parle-moi de moi Raconte ! Raconte : Toi seul me connaît plus que moi. Merci au hasard lumineux... Merci au Bosphore. Merci au soleil chantant. Au siège qui nous a unis. Merci aux albatros. Merci à la montre Lorsqu’elle m’est tombée de la main ! » |
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Poème traduit par: Jomâa souissi |
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